Les chiffres du chômage et de la consommation des ménages en novembre, dévoilés la veille de Noël, ont relancé les hostilités entre l’UMP et le PS. La trêve des confiseurs n’aura donc pas lieu. Alors que l’actualité politique s’est rétractée du fait des vacances ministérielles et parlementaires, les états-majors de l’UMP et du Parti socialiste ont reçu pour consigne d’occuper le terrain. Chargés de relayer les prises de position de leurs dirigeants, ils se rendent coup pour coup. Après s’être étrillés sur les transports et l’identité nationale, ils ont ouvert un nouveau front à la veille de Noël : les chiffres du chômage, dont la hausse s’est ralentie en novembre.
Chargé de commenter ces données, le gouvernement s’était pourtant gardé de toute déclaration intempestive. « La crise n’est pas finie, a estimé Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, mais on est sur le chemin pour en sortir. Par rapport à octobre qui était un mois dur, c’est plutôt un bon résultat. On est sorti de l’œil du cyclone, mais pas de la tempête. » Un avis partagé par sa ministre de tutelle, Christine Lagarde. « C’est une nouvelle encourageante, mais la tendance à la dégradation de l’emploi devrait se poursuivre pendant encore plusieurs mois », a-t-elle prévenu. Voilà qui a fait bouillir le sang des socialistes, en désaccord total avec les mesures de relance prônées au sommet de l’Etat. « La forte augmentation en un mois des sorties de Pôle emploi pour entrer en stage (+ 14,9 %) montre que la France est loin d’être sur la voie de la sortie de crise, s’insurge Alain Vidalies.
Le gouvernement reste passif face à cette situation. » Le secrétaire national du PS au travail et à l’emploi appelle à la mise en place d’un « plan de relance digne de ce nom qui permette de relancer la consommation, d’aider véritablement les PME victimes de l’étranglement du crédit et de soutenir les collectivités locales dans leurs efforts ». UMP : « Une critique politicienne et stérile » Un discours relayé par Michel Sapin, qui s’est attaché, lui, à la légère baisse de la consommation des ménages français (– 0,1 % par rapport à octobre). « Le retour de l’inflation, l’augmentation du chômage, l’arrivée en fin de droits d’un million de chômeurs fin 2010 et l’absence de soutien aux salaires avec la très faible revalorisation du SMIC au 1er janvier 2009 (+ 0,5 %) risquent de faire plonger la consommation en 2010 », avertit le secrétaire national du PS à l’économie.
Pas d’accord, rétorque la majorité présidentielle. Soucieux de ne pas céder le terrain médiatique aux socialistes, le porte-parole de l’UMP a répliqué à chaque attaquant. A Michel Sapin : « Le PS et lui se trompent, ou feignent de se tromper de diagnostic, une fois de plus, plaide Frédéric Lefebvre. La France est le seul pays développé où la consommation, en rythme trimestriel, n’a jamais baissé depuis le début de la crise au troisième trimestre 2008. Ce minuscule repli, en novembre, fait suite à deux mois de hausse vigoureuse. » A Alain Vidalies : « Les chiffres de novembre montrent que le chômage est stabilisé en France, celui des jeunes amorçant une baisse, ce qui est le fruit des mesures mises en place par le gouvernement. » Enfin, au Parti socialiste : « Il s’est enfermé dans une critique politicienne et stérile de la politique de relance, niant l’évidence que notre pays fait mieux que la plupart de ses voisins. » Les salves ont toutes été tirées. L’esprit de Noël ne souffle pas partout en politique.
Gaëtane Morin
Source